Le 16 janvier 1956, un médecin de trente-quatre ans est tombé au champ d’honneur sur la route reliant Tlemcen à Sebdou.Ce crime plongea la ville dans une profonde consternation, qui ne s’apaisa qu’à travers les manifestations ayant accompagné ses funérailles.
Soixante-dix ans plus tard, le mercredi 18 février 2026, l’Université de Tlemcen a commémoré, au sein de la Faculté de Médecine, la mémoire du martyr Docteur Ben Aouda BENZARDJEBE, à l’occasion de la Journée nationale du Chahid, en présence du Recteur, le Pr.Mourad MEGHACHOU, du Vice-Recteur chargé de la pédagogie, le Pr. Benouar BENSAIME, des doyens des facultés, de représentants de la famille révolutionnaire, de membres de la famille du martyr, ainsi que d’enseignants et d’étudiants.
La cérémonie a débuté par la levée du drapeau et la récitation de la Fatiha, avant que l’assistance ne se dirige vers le Département de Pharmacie où ont été prononcées les allocutions officielles.
Dans son intervention, le Recteur a souligné que la commémoration par une institution universitaire de l’un de ses martyrs ne relève pas d’un simple rituel annuel, mais d’un acte de conscience et de transmission. Il a rappelé aux étudiants que le savoir n’a jamais été une finalité en soi, et que le Docteur BENZARDJEBE incarnait l’exemple de celui qui a su conjuguer science et engagement sans les opposer.
Le Doyen de la Faculté de Médecine, le Pr.Abdelhafid BEDJAOUI, a mis en lumière un aspect significatif du parcours du défunt : son engagement constant auprès des plus démunis. Ouvrant sa clinique aux patients sans distinction, il fut surnommé « le médecin des pauvres » par ceux qu’il soignait. Il a rappelé que commémorer sa mémoire au sein d’une institution médicale constitue un rappel fort que la médecine est avant tout une mission et une éthique.
Le témoignage du représentant de la famille, M. Ben Aouda Ben BENZARDJEBE, neveu du martyr, a retracé le parcours d’un enfant né à Tlemcen en 1921, parti en France en 1941 pour poursuivre des études de médecine, et ayant obtenu son doctorat en 1948 tout en s’engageant dans le mouvement national parmi les étudiants. De retour au pays, il mena une double vie : médecin le jour, militant engagé dans la clandestinité. Arrêté début 1956 lors d’une mission liée à l’acquisition d’une imprimerie destinée à la diffusion de tracts révolutionnaires, il fut torturé puis assassiné, devenant ainsi le premier médecin chahida de la Guerre de Libération nationale.
La cérémonie s’est achevée par une conférence présentée par le Professeur Ahmed Ben Daoud, spécialiste d’histoire contemporaine de l’Algérie, qui a replacé le parcours scientifique et militant du martyr dans le contexte général de la Révolution. Il a souligné que son engagement précoce au sein du Front de Libération Nationale traduisait une conscience politique affirmée et une foi profonde en la justesse de la cause nationale, rappelant notamment son rôle dans la structuration de cellules clandestines et dans l’appui sanitaire apporté à l’Armée de Libération Nationale.
La cérémonie s’est conclue par la remise de distinctions symboliques à la famille du martyr. Le nom du Docteur Ben Aouda BENZARDJEBE demeure ainsi gravé dans la mémoire de la communauté universitaire, symbole d’un médecin pour qui le savoir était engagement, l’amour de la patrie une responsabilité, et le martyre l’ultime expression du sacrifice.
Gloire et éternité à nos valeureux martyrs.
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